Continuité pédagogique : comment les établissements de formation innovent-ils pour enseigner les cours à distance ?  

Depuis le 16 mars, les écoles sont fermées pour éviter la propagation du Coronavirus. Le Ministère de l’éducation nationale insiste sur la « continuité pédagogique », ainsi, les lycées se (ré)inventent afin d’assurer le lien pédagogique réconfortant et indispensable entre les professeurs et leurs élèves. Si les directives ministérielles encouragent à utiliser des sites d’enseignements « officiels » – bon nombre sont saturés, bugs ou n’ont pas les ressources suffisantes -, des formateurs/enseignants en restaurant, compte tenu de leur liberté pédagogique, redoublent de créativité pour enseigner différemment… par voie numérique. De Bailleul à Marseille, en passant par Guérande, Nice, Thonon, Metz ou Tarbes, les initiatives pédagogiques (Messenger, classe virtuelle, WhatsApp, Skype, vidéos, jeux Sim’s…) émergent. Et ça apporte du positif dans les cours et la manière de les rendre (plus) ludiques ! 


  • Lycée professionnel Olivier Guichard à Guérande (44)

Christophe Baron, professeur de restaurant : « Concernant la continuité pédagogique, je suis supposé passer par Pronote pour tous mes enseignements. Mais il y a quelques problèmes de connexion, plantage, oubli de code… Tout d’abord, je demande aux élèves de préparer la séance de travaux pratiques à l’identique de d’habitude, ils me rendent leurs travaux via Pronote. Ensuite, j’essaie de varier les activités. Je donne des petits films entrecoupés de QCM, je leur demande un travail de recherche sur des régions, des produits… Je leur donne aussi de petites expérimentations à faire ; cette semaine, je leur ai donné un pas-à-pas pour réaliser du fromage… et une recette simple de pâte à modeler pour les secondes, afin qu’ils reproduisent la forme des fromages et visualisent la découpe. Je suis en recherche d’autres expériences qui ne nécessitent pas trop de produit/matériel, car je ne veux surtout pas les inciter à sortir. J’ai donné les liens de pas mal d’articles au BTS 2ème année à qui j’enseigne le management et le marketing. Je leur ai aussi demandé de réfléchir aux impacts de la situation actuelle en HCR. Je ne leur demande pas d’être devins, juste de prendre un peu de hauteur et d’utiliser les connaissances et outils appris dans l’année. Je suis en lien régulier avec mes élèves, j’ai créé des classes google classroom, et je vais créer un groupe whatsapp avec mes différentes classes ! Je vais essayer de monter de petits films de 5 minutes avec prezi vidéo… et peut-être tenter un peu de visio. Malgré le caractère inédit de la situation et tous les problèmes rencontrés, je finis cette première semaine avec le sourire. Les élèves sont pour la plupart demandeurs de contenus, d’activités. Ça me rassure sur leur motivation et regonfle le moral. »

Pliage de serviettes.
  • Lycée Raymond Mondon à Metz (57)

Thierry Millet, professeur de restaurant : « Plusieurs choses ont été mises en place dans mon lycée et CFA. Pour le lycée : Monbureaunumerique en place ; tuto explicatifs (messagerie, pièce jointe, bibliothèque de Versailles, création de cours, …) ; une visio-conférence avec le proviseur et la DDFPT par semaine. Pour l’académie : une visio-conférence avec l’inspectrice par semaine ; un mail de sa part tous les trois jours pour le suivi ; elle m’a inscrit dans un groupe de travail académique pour mettre en place des documents, des séances, des propositions…  Pour ma part, avec la classe de sommellerie : une énigme par jour (challenge qui totalise des points pour un lot gagnant à la fin de la période de confinement) : les élèves et apprentis se grattent la tête, font des recherches et jouent vraiment le jeu : une vraie réussite ; une citation par jour (pour leur culture personnelle) ; un exercice par jour (mots croisés, anagramme…) pour le côté ludique ; une fiche région et boissons à me compléter par semaine ; un DM par semaine : sur le principe des sujets écrits d’examen ; un échéancier des différents documents qu’ils ont à préparer pour l’examen : dossier professionnel, carte des boissons, carte des vins. Pour mes classes d’apprentis : une fiche région, produits et boissons à me compléter par semaine ; un DM par semaine : sur le principe des sujets écrits d’examen ; un échéancier des différents documents qu’ils ont à préparer pour l’examen : carte des boissons, carte des vins, carte des mets, menu régional, menu gastronomique (ou dégustation) et un flyer évènementiel. Pour mes Terminal Bac Pro (que je n’ai normalement qu’en TP) :  un challenge de cinq pliages de serviettes (à domicile, avec leurs moyens, en tissu ou en papier. Ils doivent m’envoyer des photos. Tout le monde a joué le jeu !) ; un challenge d’une table ou d’un plateau de petit déjeuner (à venir) : mis en valeur de ce service ; un challenge d’une belle table, celle de leur salle à manger : mis en valeur des arts de la table, thématique libre (faites nous rêver !) à venir ; une fiche cocktail à compléter chaque jour ; une fiche produits par famille (ex poissons fumés, charcuteries, fromages AOP…) »

Lycée Raymond Mondon à Metz : première séance de pliage de serviettes et deuxième sur le petit déjeuner.
  • Lycée Sainte-Marie à Bailleul (59)

Marjorie Wickaert, professeur de restaurant : « Pour l’instant, je reste en contact avec mes élèves par Messenger. Comme les sites officiels ne fonctionnaient pas au départ, on s’est organisés comme ça ! Pour les cours de technologie, c’est plutôt facile car les jeunes ont un livre à compléter. Du coup, je discute avec eux, on remplit le cours ; je leur demande de réaliser les exercices qu’ils m’envoient en photo et je corrige. Ensuite, je leur ai demandé de me réaliser un cocktail qu’ils m’envoient en photo. Je commente et ils s’améliorent. Pour aujourd’hui, je voulais qu’ils trouvent des produits labellisés dans leurs armoires et j’enchainerai avec le cours sur les labels de qualité. Ils ne répondent pas forcément tout de suite, ni aux heures de cours, mais je reste disponible car je comprends bien que la situation est très spéciale pour tout le monde. Je vais continuer à trouver des idées du même type, pratique avec des photos et peut être des vidéos pour rester en contact. Je voudrais leur faire visionner des vidéos comme les fables de Monsieur Aubrée mais je dois d’abord préparer des questionnaires. Je pense aussi que leur faire lire tes articles sera très intéressant ! Mon lycée nous demande d’assurer la continuité, surtout en remplissant notre cahier de textes pour montrer que nous ne sommes pas inactifs. »

Cours sur les cocktails ; chaque jeune réalise chez soi un cocktail selon une fiche définie, puis l’envoie en photo.
  • Lycée hôtelier de Marseille (13)

Luc Bremond, proviseur adjoint : « La continuité pédagogique s’est mise en place dans le cadre des directives ministérielles : ENT, Pronote et CNED (Ma classe à la maison, Classe Virtuelle). Les enseignants privilégient la classe virtuelle dans le cadre de la formation en restaurant ! Elle nous est proposée par le CNED pour permettre aux enseignants de pouvoir « faire cours à distance » à leur classe ! C’est interactif, les élèves entendent l’enseignant, peuvent poser des questions… »

  • Lycée hôtelier Paul Augier à Nice (06)

Denis Férault, proviseur : « Concernant la continuité pédagogique, j’ai mis en place ce que j’ai appelé un tableau de continuité pédagogique par classe. Dans lequel se trouve les informations pour chaque discipline du cours à réaliser, des ressources numériques qui y sont associées, des devoirs à faire… Pour la partie pratique en cuisine et service, les élèves pour ceux qui le peuvent sont invités par leur professeur à réaliser des plats et des techniques puis à envoyer la photo ou une courte vidéo de leur travail. Les professeurs proposent également de nombreux tuto en envoyant les liens. Beaucoup viennent de découvrir des applications du type Zoom, Discord, conférence téléphonique, prezzi… et commencent à proposer des cours en classe virtuelle… Depuis mercredi, je suis très satisfait et fier de mes professeurs, formateurs qui ont tous répondu présents sur ces nouvelles technologies et ainsi pu garantir le lien pédagogique auprès de 100% de nos élèves, stagiaires du GRETA et apprentis du CFA (en exemple, voici le lien du site du CFA : https://www.cfaregionalhotelierdenice.com/), malgré les difficultés de connexion que nous connaissons tous en ce moment, les réseaux étant souvent saturés. »

  • École de Paris et des Métiers de la Table à Paris (XVIIe)

Ismaël Menault, directeur général : « Il y a eu une vidéo évoquant la fermeture. Les apprentis ont été contactés par les formateurs ; des cours et des exercices sont envoyés aux jeunes. Une page a été dédiée sur le site de l’école (depuis le 19 mars) avec la mise en place des ressources et le suivi à distance des tuteurs. Ce ne sont pas des semaines de vacances, mais où les jeunes doivent travailler et avancer. Car certains sont en période d’examen. (…) La journée portes ouvertes, qui devait se dérouler le 28 mars, a été suspendue. Ceux qui veulent s’inscrire pour la rentrée prochaine peuvent le faire sur le site de l’école ou bien envoyer leur courrier d’inscription par voie postale. Les entretiens se feront à distance, notamment via Skype. »

  • École Hôtelière et de Tourisme de Saint-Quentin en Yvelines (78)

Bertrand Chapel, professeur de restaurant : « Effectivement, lors de l’annonce de la fermeture des établissements scolaires, j’étais de service au restaurant pédagogique avec mes élèves de terminales bac professionnel « services et commercialisation ». D’abord excités, puis euphoriques les élèves ont cru un premier temps qu’ils allaient être en vacances. Très vite, ils ont compris, qu’ils allaient devoir travailler autrement. Les services académiques ont mobilisé toutes leurs ressources, et la direction de mon établissement a fait un travail remarquable pour organiser la mise en œuvre de la continuité du service public d’éducation, et informer les personnels, les élèves et les familles de la situation au fil des annonces de l’état. À mon niveau, j’ai tout d’abord continué à utiliser les outils habituels dans le cadre de la classe (PRONOTE, et l’ENT). Rapidement, j’ai constaté des difficultés d’organisation et de méthodologie de travail des élèves. Ce qui est tout à fait compréhensible dans le contexte actuel de crise sanitaire que nous connaissons. Puis j’ai recherché et testé des nouvelles ressources et outils tels que « ma classe à la maison » disponible gratuitement sur le site du CNED. Je suis actuellement dans une phase de perfectionnement en petits groupes. À ce stade, l’évaluation que je peux faire, à mon niveau, de ce dispositif pédagogique, montre des élèves présents, motivés par la nouveauté et par le lien que permet la classe virtuelle. En effet, on sait ô combien nos élèves ont besoin de ce contact humain et convivial pour persévérer dans leurs apprentissages. L’interface permet d’échanger, de partager des documents, des études de cas, des expériences. Par exemple, les élèves travaillent à la maison sur une technique, ou l’analyse sensorielle d’un produit, ou d’une boisson de leur choix. La classe virtuelle permet de confronter les points de vue, d’apporter des éléments utiles, de vérifier les acquis et de faire la synthèse ensemble. Des formations en ligne sont organisées par la délégation académique au numérique éducatif de l’académie de Versailles, pour aider les enseignants. Quoiqu’il en soit ce confinement montre qu’un enseignant doit, plus que jamais, savoir s’adapter, dans un contexte favorable aux innovations pédagogiques qu’il faut encourager. »

@ Voir photo en Une (classe virtuelle)

  • Lycée des métiers Lautréamont à Tarbes (65)

Jocelyn Plessis, professeur de restaurant : « À l’annonce de la fermeture, il a fallu être réactif et rester en contact avec les élèves par voie digitale. On se rend compte que certains n’avaient pas de mails ou de connaissances informatiques. Un travail devrait être fait sur ce point à la rentrée pour éviter d’être confronté à ce genre de situation dans une période comme celle-ci. Un travail numérique a été mis en place : des synthèses à lire, agrémentées de QR codes avec des jeux interactifs. Pour les travaux pratiques, c’est moins évident mais j’envoie des vidéos – que je réalise ou que je trouve sur Internet – entrecoupées de questions ouvertes ou à choix multiples. De mon côté, j’ai un retour des jeunes qui ont fait le travail ainsi que leurs réponses. On a aussi un accès via les ENT, mais le système est vite saturé en termes de connexion. »

Conseil pédagogique en Visio avec 41 professeurs au lycée des métiers Lautréamont.
  • Lycée hôtelier Savoie Léman à Thonon-les-Bains (74)

Frank Josserand, professeur de restaurant : « On continue notre enseignement à distance, soit par classe virtuelle, soit sur Office 365 avec Teams, soit sur WhatsApp pour une communication avec la classe entière ou bien individuellement. On essaye de garder nos mêmes créneaux avec les étudiants. Les contrôles et l’envoi des cours se font donc à distance…. Côté pratique, c’est beaucoup plus compliqué, l’entraînement des étudiants se fait chacun chez soi. On est en visio conférence avec l’inspection à des dates précises pour suivre l’évolution de la situation. On ne sait pas comment cela se poursuivre, certains jeunes montrent une inquiétude pour leurs examens. »

  • Lycée des métiers Le Corbusier de Soissons (02)

Stéphanie Lemoine Boutté, professeur de restaurant : « Chacun essaye de mettre en place les cours les plus pertinents pour les élèves. Pour ma part, je réoriente mes objectifs en essayant de développer les soft skills de mes élèves tels que la créativité (réaliser une mise en place à ma maison avec ce que l’on a… en détournant des objets, des contenants), la curiosité, le sens du collectif. »

  • Lycée professionnel Quercy-Périgord à Souillac (46)

Damien Mazaudoux, professeur de restaurant : « Mes élèves en terminale auraient dû être en examen pour les épreuves professionnelles cette semaine. Ils étaient prêts ! Du coup, mon objectif est de les maintenir au niveau ! Je pense qu’il y aura un avant et un après en matière de pédagogie. Dans notre académie de Toulouse, on a la chance d’avoir deux inspecteurs, Mathieu Simonneau et Mickael Duchiron, très impliqués et réactifs face à cette situation. Via la plateforme déjà existante Viaéduc, ils ont créé une fenêtre « Hôtellerie-restauration » pour que tous les lycées de l’Académie échangent leurs bonnes pratiques ! Nous sommes 75 inscrits. Chaque élève est demandeur à garder le lien avec les enseignants. Et vice-versa. D’autant, que pour ma part, je les ai 10 heures par semaine en cours. Nous avons donc établi un programme de révisions pour les examens ! On travaille avec 3 outils : par mails, Skype et WhatsApp. On définit les produits à travailler ; chacun envoie son dossier ou ses fiches par mails. Puis, on lance un système de réunion par Skype où un jeune à tour de rôle est animateur du cours ! On garde les mêmes horaires. Par exemple, ce matin, on abordait le whisky dès 9 heures. Derrière leur écran, les jeunes décryptaient les étiquettes des bouteilles de whisky chez soi ; il y a une manière plus ludique de travailler. Ceux qui veulent plus d’éléments envoient un message sur notre groupe WhatsApp nommé « Objectif bac ! ». Tout le monde a ainsi les mêmes infos en temps réel. Les jeunes sont tous présents et à l’heure aux cours virtuels. Cette nouvelle manière d’enseigner est positive car les élèves deviennent acteurs de leur formation ! »

  • Lycée hôtelier de Biarritz (64)

Gil Galasso, professeur de restaurant : « Depuis 3 années, je travaille sur une pédagogie qui place le téléphone portable des étudiants et des élèves comme outil de révision. Il ne remplace pas l’enseignant, ni le livre, mais il est évident que les élèves et étudiants l’utilisent dès les cours terminés. Dans le confinement actuel, le système que j’ai mis en place est particulièrement efficace car nous devons, nous les enseignants, tenir compte de paramètres sociaux. Toutes les familles n’ont pas un ordinateur, et s’il y en a un il doit être partagé entre enfants et parents en télé travail. Les cours sont donc basculés directement dans le téléphone des élèves, apprentis et étudiant. Ils bénéficient d’un environnement en 3 dimensions, dans lequel ils peuvent naviguer à l’aide d’une application gratuite. Exemple : concept de brasserieLes notions sont apprises sous forme de jeu sérieux. Des personnages évoluent dans le monde de l’hôtellerie et restauration et peuvent se téléporter dans son passé ou dans des pays éloignés. 12 univers sont proposés, du bistrot au bar à cocktails, en passant par une winery ou un restaurant gastronomique. Chaque module, qui est fidèle au programme du nouveau B.T.S. option A contient des notions à apprendre et des tests. Les étudiants et apprentis peuvent ainsi apprendre d’une manière plus ludique. »

  • Lycée des métiers de la restauration de Mazamet (81)

Stéphane Bernat, professeur d’organisation et production culinaire : « Au vu de la situation compliquée que nous traversons, nous rencontrons tous des difficultés pour assurer la continuité pédagogique avec nos élèves. Nous avons décidé au lycée des métiers de la restauration de Mazamet de mettre à disposition des élèves une plateforme alternative, un lieu, un espace unique qui centralise toute l’activité pédagogique, en utilisant un padlet. Chaque padlet est dédié à une seule classe pour fluidifier l’alimentation par les enseignants et surtout l’utilisation des élèves. Un enseignant est responsable de la mise en place et du suivi logistique d’une classe (souvent le professeur principal). L’alimentation et le suivi disciplinaire se fait bien sûr par l’enseignant qui officie dans cette classe. L’organisation « étagère » du padlet, que nous avons privilégié, permet d’avoir une colonne pour chaque matière d’enseignement. Nous avons rajouté une colonne pour la vie scolaire (docs et informations diverses), une colonne « documents administratifs (pour tenir informé les élèves et les parents de la situation, documents administratifs, informations sur les stages, etc…) et une colonne CDI pour maintenir le lien avec cette composante forte du lycée. Nous avons souhaité construire un outils ludique, agréable à manipuler, c’est plus qu’une salle de classe virtuelle, c’est un espace de vie. Nous avons crée une colonne « Je m’exerce à la maison » où les élèves nous publient la réalisation d’un cocktail, d’une recette « confinement », pour ne pas perdre la main, conserver le geste professionnel, qu’il est tant difficile de développer à distance. L’ambiance sur le Padlet est bienveillante, la bonne humeur y est de bon ton, et ma foi cette situation développe l’imagination des nos jeunes, nous sommes parfois très surpris…. Cette plateforme est très facile d’utilisation, mais nécessite un petit temps d’appropriation pour les élèves mais aussi pour les enseignants. C’est pour ces raisons que nous avons crée une rubrique « avant-propos professeurs » où nous avons mis deux tutoriels complets (un lien youtube et un lien pdf de l’académie de Metz), afin de guider tous les enseignants à l’utilisation du padlet. « L’avant propos élève » quant à lui est là pour présenter la partie organisationnelle, la gestion du temps et les modalités de renvoi des activités « élèves ». Ces informations introductives faciliteront l’utilisation ultérieure de la plateforme. De façon générale le padlet est là pour organiser les travaux, recherches et activités dans chaque matière, mais n’est pas adaptée pour recevoir les productions élèves. L’ensemble des travaux réalisés par les élèves sont envoyés via la messagerie professionnelle de l’enseignant concerné. Côté organisation dans le temps, nous avons choisi de suivre l’emploi du temps habituel des élèves, pour assurer un suivi ou une assistance sur les plages horaires habituelles. Pour cela nous avons inscrits une procédure dans une colonne « l’avant propos élèves » pour les situations suivantes : Questions réponses : via messenger avec création d’un groupe élèves. Visioconférence pour une séance « classique » : Via ma classe à la maison (dispositif du CNED). Nous avons indiqué aux enseignants de décaler leurs ajouts ou leurs interventions à des heures « creuses » (tôt le matin, entre midi et deux et en début de soirée), pour laisser le maximum de fluidité aux élèves aux « heures pleines » »Vous trouverez le lien du Padlet pour visualiser tous ces éléments : https://fr.padlet.com/stephanebernat/terminalebacpro

Padlet du lycée de Mazamet.
  • Lycée des métiers Sainte-Anne à Saint-Nazaire (44) 

Aurore Le Roy, professeur de restaurant : « J’ai travaillé 16 ans dans l’hôtellerie de luxe et depuis 3 ans je suis professeure, un métier qui permet de rester jeune ! Nous avons avec nos élèves mis en place un moyen de communication. Nous avons au départ utilisé les réseaux sociaux. Une fois le groupe Messenger au complet et en lien toujours avec les parents de nos élèves via un outils utilisé toute l’année par le lycée, nous avons mis en place la Visio conférence. Aux heures de cours je fais l’appel avec mes élèves, et m’assure de leur santé et celle de leur famille. Par la suite, nous faisons un cours en Visio conférence grâce à l’informaticien du lycée , Xavier Marion toujours prêt à aider nos élèves, les professeurs et les parents, c’est le roi de l’informatique, mais aussi grâce à l’équipe pédagogique qui fait un travail remarquable. Le premier jour, les élèves étaient étonnés, au fur et à mesure que les jours passent, ils ont besoin de ce contact. Notre outil de travail au quotidien nous permet d’échanger les cours et remettre des devoirs. Ce jeudi dans l’emploi du temps de mes élèves , j’ai vu qu’ils avaient cours de sport de 10h à 12h. Les professeurs de sports sont très actifs. Les élèves ont envoyé des photos de leurs cours de sport. De même pour les révisions de cours, certains élèves mettent une cravate qu’ils ont au quotidien au lycée, ca donne des photos plutôt insolites. Pour les cours de travaux pratique , c’est plus compliqué, pas de service, cependant, j’ai dédié cette journée comme journée des parents. Les élèves doivent dresser une belle table, faire la plonge, préparer une entrée ou dessert avec un produit marqueur des régions de France. Ensuite, ils ont du préparer une argumentation commerciale. Certains professeurs de cuisine font des recettes en ligne sur Facebook, il y a une vraie chaîne de solidarité. La continuité pédagogique est possible et c’est formidable, d’ailleurs les élèves nous le prouvent. Nous sommes au lycée Ste Anne plus qu’investis dans une période qui va être difficile mais le retour en sera meilleur. »

Des élèves du lycée Sainte Anne à Saint Nazaire en enseignement à distance.
  • Lycée hôtelier de l’Orléanais à Olivet (45)

Thierry Chusseau, professeur de restaurant : « Semaine 2 de ce confinement. Ça y est le rythme commence à bien s’installer pour les enseignants et les élèves du Lycée Hôtelier de l’Orléanais. Tout le début de semaine dernière s’est axée sur la prise de contact avec les élèves. Car même si le doute d’une fermeture des établissements scolaires planait, nous n’étions pas encore tout à fait rodés à l’utilisation exclusive des TICE pour communiquer et travailler. Pour ma part, seuls 2 élèves ne me donnent pas encore de nouvelles, mais j’ai bon espoir car la vie scolaire du Lycée, entre en contact avec chaque élève « absent » pour en comprendre les raisons et trouver avec eux une solution qui leur permettra de participer à cette continuité pédagogique à distance. En tout cas, cette situation est une véritable épreuve pédagogique : elle nous conduit à changer profondément nos façons de travailler, mais également nos supports de cours. Heureusement l’Education nationale, et différents acteurs du monde de l’Hôtellerie-Restauration nous mettent des ressources à disposition, comme par exemple « Ma classe à la maison » du Cned, votre site – Un oeil en salle – riche en articles pour faire travailler les élèves, ou bien encore L’Hôtellerie qui est en accès complet et gratuit durant toute cette période, sans oublier le site de Serge Reynaud. Pour ma part, j’ai décidé de suivre mon emploi du temps avec les élèves, afin :
     – de répartir le travail sur la semaine ;
     – d’avoir un contact quasi quotidien avec mes élèves ;
     – de bien dissocier les différentes matières (techno, atelier, TP)…
Mais quelque soit la matière, je fonctionne systématiquement selon le même rituel pour que mes élèves aient des repères : je fais l’envoi des consignes de travail par mail et via Pronote, je mets les activités sur Pearltrees, je récupère leurs travaux par mail puis nous faisons les corrections soit par vidéos que j’enregistre, soit en visio-conférence ce qui me permet en même temps d’avoir de leurs nouvelles. Mais globalement pour en avoir discuter avec mes collègues, cette stratégie est aussi celle de plusieurs autres professeurs du LHO. La semaine dernière, nous avons ainsi pu traiter le thème de la valorisation des fruits et des légumes au restaurant où, par des recherches Internet, mes élèves de Bac pro ont pu améliorer leurs connaissances produits et vocabulaire d’argumentation commerciale. J’ai également créé une activité quiz en lien avec les vidéos de Pascal Aubrée et les cours de technologie, pour réviser les produits marqueurs des régions de France.
La semaine prochaine nous traiterons la gestion des réclamations et objections clients, en nous appuyant sur des avis de Tripavisor ou LaFourchette (TheFork). Même si les techniques de restaurant sont pour le moment mises de côté, car seulement vues de manière théorique, les documents de préparation des services, l’ouverture d’esprit sur les concepts de restauration, les connaissances produits et les tendances du moment dans le secteur HR sont très largement abordés et contribuent aussi à la formation des élèves puisque se sont des points parfaitement en lien avec leur référentiel. »

Lycée hôtelier de l’Orléanais : cours à distance avec Thierry Chusseau.
  • CFA Médéric à Paris (XVIIe)

Caroline Ravenet, formatrice en restaurant : « Au CFA Médéric, nous avons mis en place depuis quelques années des outils numériques, qui nous sont forts utiles en cette période de Covid-19 ! Outil 1 : une application crée en partenariat avec l’Atelier des Chefs et mise en ligne depuis septembre 2019 – chef de projet au CFA : Julien Chaudun, formateur en cuisine. Notre restaurant d’application propose tous les deux mois une nouvelle carte. Cette carte se compose de 4 entrées/4plats et 4 desserts. Nous privilégions les produits frais, de la pêche raisonnée et de saison. Jusqu’alors, chaque formateur, en salle comme en cuisine, demandaient aux apprentis de se référer aux livres référencés par l’équipe pédagogique pour travailler en amont les techniques de cuisine, les connaissances produits et l’argumentation commerciale pour les serveurs. Nous avons donc travaillé et mis cette application en place en Septembre 2019. Les apprentis du CFA peuvent se connecter et visionner :

     – les différentes techniques de cuisine liées à la réalisation des 4 entrées, 4 plats et 4 desserts ;
     – l’argumentation commerciale ;
     – accords mets et vins (édition de janvier et février)…

Cet outil est utile pour les jeunes en formation cuisine mais également pour les jeunes en salle. Les jeunes en formation salle peuvent également voir comment le plat est conçu par la cuisine. Cet outil met en avant toute la complémentarité de nos métiers. Les formateurs participants à ce projet : Julien Chaudun (chef de projet), Sebastien Vanbeselaere, Philippe Evieux et moi-même. Ces 6 premiers mois nous ont montré que cet outil plaisait aux jeunes et facilitait leur apprentissage. Cet outil prend également tout son sens en cette période puisque nous avions anticipé sur les cartes de mars et avril. Les jeunes ont donc accès de chez eux aux connaissances et techniques. Outil 2 : Le CFA relance son outil : MOOC BAR. Il a été mise en ligne en 2018 par Christophe Husson (formateur de bar). Cet outil a été conçu avec les professionnels pour nos futurs talents. Le principe est le suivant : Un cocktail classique est réalisé par Christophe Husson au CFA selon le carnet des cocktails contemporains ( bases des cocktails). Ce même cocktail est revu par un professionnel qui le réadapte, apporte sa touche. Ces vidéos sont mises en ligne sur notre chaîne YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=0pzIja1FHL4 »

Application du CFA Médéric à Paris.
  • Lycée La Méditerranée à La Ciotat (13)

Michaël Réano, professeur de restaurant : « La continuité pédagogique a été entamée très tôt puisque dès le 16 mars, mes cours pour la semaine 1 étaient en ligne pour les secondes Bac Pro CSR et 2 CAP HCR. Depuis un an, certains de mes cours étaient postés sur le site collaboratif (ATRIUM) du lycée hôtelier. Si l’utilisation par les élèves n’est pas encore acquise, l’outil a le mérite d’exister. Les élèves peuvent trouver les cours, sur le cahier de texte, qui leur donnent les consignes d’aller sur les livrets des Editeurs mis gracieusement à notre disposition. Après avoir lu quelques pages sur un thème précis, les élèves ont à répondre à une série de questions. Une heure de visioconférence hebdomadaire est prévue pour établir et renforcer du lien et répondre à des questions. J’ai créé une page Facebook avec des outils de base pour former à distance (« je me forme à la formation a distance »). Sur celui-ci, j’ai mis des liens avec des applications qui vont simplifier la mise en route de cette nouvelle méthode de travail. J’en ai profité pour tester et me faire coacher sur Google Forms. Grâce à ces formulaires on peut réaliser des questionnaires qui nous permettent d’évaluer le suivi des élèves, noter les progrès et donner les corrections à ceux-ci. Certaines sociétés, via leurs ingénieurs pédagogiques offrent leurs conseils gracieusement (capsules vidéos, tutos, aides en ligne…). Malheureusement, si des tablettes ont été offertes par le Conseil régional, certains élèvent n’ont pas le matériel adéquat (PC, imprimante, accès au réseau internet, …pour travailler ou ont des difficultés de connection et de transmission de documents. Cette période va changer drastiquement notre façon de travailler grace à l’usage du numérique. J’ai contacté des collègues grace aux réseaux sociaux professionnels pour partager des idées ou des cours. Le travail est en cours en cette fin de deuxième semaine de confinement. »

  • Lycée Sainte Jeanne d’Arc à Aulnoye-Aymeries (59)
Elsy Faburé, professeur de restaurant : « École à distance – Compte tenu des circonstances particulières du moment, il m’est venue à l’idée de proposer une activité professionnelle à mes élèves de secondes Bac pro CSR. Il s’agissait pour eux de réaliser un travail en autonomie dans l’esprit de ce qui peut se faire en classe, mais à la maison. Le but était de dresser une table avec une décoration au choix, trouvée chez eux et de s’entraîner à servir/débarrasser. Ce que je peux en retenir, c’est : beaucoup d’imagination et de création, de la motivation et des thèmes classiques ou plus originaux (jeux vidéos, printemps, amour, pyjama party, Pâques, Noël). Alors, je dois reconnaitre qu’il a parfois été difficile de récupérer les travaux de chacun et que quelques petites erreurs se sont glissées sur les tables mais je félicite chacun d’entre eux pour avoir osé essayé de relever le défi dans un contexte difficile et d’avoir, pour la plupart, proposé une réponse de qualité à l’activité demandée. »
Les jeunes du lycée Sainte Jeanne d’Arc à Aulnoye-Aymeries (59) s’entraînent à la maison.
 

Ceux qui veulent apporter leur témoignage (lycée, enseignant ou formateur), merci de nous envoyer un mail à contact@unoeilensalle.fr