Être une femme et réussir dans les métiers de la salle, c’est possible !

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Frédéric Kaiser, Corinne Hacquemand et Yoann Grégory.

Le sujet de la parité hommes/femmes dans les métiers de la salle n’a pas échappé aux participants de la première assemblée générale Ô Service. En effet, la gente féminine était peu représentée dans l’amphithéâtre du CFA Médéric. Corinne Hacquemand, professeur de restaurant au lycée de Poligny, a abordé le sujet, avant de laisser la parole à Olga Hipeau, maître d’hôtel au restaurant de l’hôtel Montalembert à Paris (VIIe) : « En tant que femme, on ne s’oriente pas instinctivement vers les métiers de la salle à l’école. Le métier, mal perçu, est jugé contraignant en termes d’horaires et peu compatible avec sa vie personnelle. Le vivier de recrutement est donc déséquilibré. Je crois qu’il faut changer la manière de présenter ce métier et qu’il soit plus attractif pour les femmes. » Un témoignage qui a suscité la réaction de Frédéric Kaiser, directeur de salle au restaurant L’Epicure de l’Hôtel Le Bristol : « Nous avons une jeune maman dans l’équipe de salle. Lors de sa fin de grossesse, elle avait un poste administratif avec des horaires de bureau 9h/16h. Nous l’avons arrangé au maximum dans son planning. Cela permet de conserver son personnel et de le fidéliser. Cette jeune maman va aujourd’hui de l’avant. Et parce qu’elle est épanouie, elle fait un travail efficace. C’est du gagnant-gagnant. »

Et Yoann Grégory, directeur de salle à l’étoilé Yam’Tcha à Paris, de renchérir : « Je suis confronté à la même chose dans mon équipe. À l’inverse, nous n’avons pas la même structure et les mêmes moyens que l’Hôtel Le Bristol, puisque nous sommes un établissement de petite taille. La femme étant une chef, nous avons une majorité de femmes dans les équipes cuisine et salle. Une personne vient de nous annoncer qu’elle était enceinte, sept mois après son arrivée. De prime abord, nous l’avons mal pris, parce que c’est compliqué à gérer pour une structure comme Yam’Tcha. Et puis, après en avoir discuté avec la chef, on s’est dit : ‘C’est un super élément ; on l’a formée, on a envie de la conserver donc on va la mettre dans les meilleures conditions pour pouvoir l’accompagner’. Nous allons ainsi adapter ses horaires en continu, et prendre un salarié supplémentaire – donc une charge en plus -. Un élément qui nous paraissait ‘problématique’ – la grossesse et la ‘perte’ de cette personne – devient finalement un élément moteur pour l’entreprise. »