« Jouer sur les mots permet le dialogue » : une soirée inédite au lycée Sainte-Marie de Bailleul

« L’idée du TP déplacé nous pousse hors de notre zone de confort. Elle enseigne aux jeunes l’adaptation, la réactivité, l’organisation », commente Marjorie Wickaert, professeur de restaurant au lycée Sainte Marie de Bailleul (59). Avec deux autres collègues, elle a imaginé une soirée spéciale autour des contes et des mets avec une classe de seconde baccalauréat professionnel restauration (16 cuisiniers et 11 serveurs) à l’estaminet « Des mots à la bouche » à Saint-Sylvestre-Cappel (59). La propriétaire des lieux (50 couverts), Dominique Bouckson, est conteuse le soir. Autre particularité : intégrer un dessinateur belge, Dominique Maes, dont les illustrations sont propices à l’ouverture du dialogue, de l’échange avec autrui.

« Les professeurs et les artistes s’étaient rencontrés avant l’évènement. Le menu fut décidé autour de rires et de belles assiettes. L’idée de ne pas dévoiler la mise en bouche et faire manger de la langue aux clients ravissait déjà notre auteur belge qui songeait aux mots qu’il allait mettre sur cette situation cocasse ! Puis, les contes à lire ont été décidés. La carte avait été réalisée par une ancienne élève douée d’un coup de crayon qui avait pris soin d’illustrer chaque mets. Quant à Dominique Maes, il avait exposé quelques produits imaginaires permettant l’immersion des clients dans l’ambiance : des herbes de romance, du sel de la vie, de la moutarde me monte au nez, une petite dose d’amour, du concentré de complicité créative, etc », précise Marjorie Wickaert.

L’entrée, le plat et le dessert ont été commentés par les artistes en musique et en histoire. L’objectif étant de transporter les clients et les jeunes dans un « univers captivant, un monde des mots et des mets où la langue française s’emmêle ». Verdict ? « Le thème de la soirée leur a montré que notre travail n’est pas forcément répétitif. On peut créer des ambiances inédites, surprendre les convives. L’échange avec Dominique Maes a sans doute aussi ouvert l’esprit de quelques-uns, car jouer sur les mots permet le dialogue ».

Les élèves en fin de service.