Portraits de trois bartenders parisiens à suivre

Elle est vivante, la génération de professionnels de la scène cocktail. Ils voyagent, ils brassent et renouvellent l’air parisien qui n’est, du coup, jamais statique. À l’occasion du Paris Cocktail Week 2018, les co-fondateurs Thierry Daniel et Eric Fossard ont repéré, parmi les nombreux talents vifs, 3 têtes à suivre de près.


Margot Lecarpentier, 30 ans.

Le cocktail est une deuxième vie dans la vie de Margot, et c’est assez à l’image d’un certain nombre de barmen nouvelle génération qui arrivent au cocktail par passion (oui !) après avoir tâté d’un autre métier avant. Ainsi, Margot est diplômée de droit, spécialisée en propriété intellectuelle (PLA précisément), juriste pour une maison de disque. En 2014, à New York où son métier l’a menée, elle découvre la culture cocktail. Coup de foudre et immersion, elle devient très calée sur le sujet. À son retour en France, elle considère le paysage de la restauration et des bars à cocktails d’un oeil nouveau. L’offre lui semble bien plus vibrante qu’avant son départ, plus riche, plus exigeante. Entre deux jobs, elle fait quelques extras à l’Experimental Cocktail Club (ECC), où elle prend conscience de la nécessité pour elle, d’exercer un métier où elle se dépense physiquement et pas seulement intellectuellement. C’est le cas du cocktail, qui demande une sacrée énergie vitale. En 2016, elle ouvre avec 2 associées, Elena Schmitt et Elise Drouet, son propre bar, Combat, étendard d’une nouvelle façon de vivre le cocktail. Un lieu décloisonné, qui vit de jour comme de nuit, oùl’on mange, où l’on boit des vins natures. Bref, un endroit cool, à la croisée des mondes (restauration, bar à vin, bar à cocktail…) qui signe définitivement l’entrée du cocktail dans le quotidien.

  • Combat, 63 rue de Belleville, 75019 Paris
François Carpentier, 28 ans.

Dans la fratrie bretonne de 6 frères et soeurs de François, ils sont 4 à s’être tournés vers des métiers de bouche. Et pourtant, ce n’est pas une tradition familiale. François, le cinquième, a d’abord commencé des études d’infirmier qu’il suit pendant 3 ans. En parallèle desquelles, il exerce des jobs d’étudiant : il est pâtissier puis il monte avec un copain un petit pôle de restauration dans une boite de nuit. Il en déduit deux choses : il aime les métiers d’artisanat et créer. Il arrête ses études et intègre La Belle Epoque, un bar à cocktails de Saint Malo qui vit au rythme de la route du Rhum. Il adore, et part à Londres pour rejoindre l’Expérimental Cocktail Club où il a bien l’intention de se former auprès des meilleurs. Il arrive pile pour l’ouverture d’une nouvelle adresse du groupe : Joyeux Bordel. Nous en sommes en 2015 et il y rencontre son premier mentor, Joshua Esposito qui le propulse devant le bar, alors qu’il aurait purester ‘back bar’ bien plus longtemps. 1 an plus tard, son ancien patron malouin le rappelle pour un projet de nouveau bar à cocktails. Proposition irrésistible. Ils ouvrent ensemble La Fabrique, excellent établissement qui pratique l’art du potager. On y fait pousser des herbes et quelques fruits et légumes bio utilisés pour les cocktails. C’est passionnant et aussi l’occasion pour François de réaliser qu’il veut, pour l’instant encore, passer plus de temps derrière le bar qu’à faire face aux contraintes de l’entrepreneuriat. C’est à ce moment que le Little Red Door, institution parisienne qu’il respecte depuis longtemps recrute. Ce sera lui !

  • Little Red Door, 60 rue Charlot, 75003 Paris
Céline Lopes, 26 ans.

Née en Seine et Marne, Céline Lopes se rêve pâtissière, inspirée par un papa qui cuisinait beaucoup, un parrain pâtissier et un oncle cuisinier. Mais d’abord, elle passe son bac ! Puis intègre un BTS d’hôtellerie- restauration, pâtisse avec bonheur pendant 2 ans mais ses allergies multiples l’empêchent de poursuivre dans cette voie qu’elle adore. C’est un ami d’école passionné de cocktail qui lui ouvre cette autre porte : il en parle si bien qu’elle s’inscrit en mention complémentaire barman, et file dans le sud où elle commence à travailler dans les palaces. Le Grand Hôtel, à Cannes, puis le Pullman, sacrée école de la rigueur. Au bout de 2 années, elle se sent un peu à l’étroit et entend l’appel de la vibrante scène parisienne. C’est le bar à cocktails Pasdeloup qui lui donne sa chance. Avec Amanda Boucher, alors chef barmaid de l’établissement (partie à Lyon depuis), elle fait la tournée des grands ducs, déguste beaucoup et découvre les produits et les producteurs, bref, se forge une culture cocktail pointue. 1 an et demi, beaucoup de travail et le sentiment d’avoir développé une véritable expérience. Expérience confortée en faisant des extras chez Monsieur Antoine, Istr et Tiger où elle pose finalement ses valises. Aujourd’hui, chef barman et co-responsable de ce bar à gin réputé, elle a l’impression de travailler en famille. Et elle a retrouvé dans le cocktail la créativité et la précision qu’elle aimait tant en pâtisserie.

  • Tiger, 13 rue Princesse, 75006 Paris

À savoir :

Pour découvrir d’autres talents, les sourires, les yeux, les visages du monde du bar, il faut suivre la campagne #inbartenderswetrust sur instagram.


Infos pratiques :

Paris Cocktail Week, du 20 au 27 janvier 2018 – inscriptions sur www.pariscocktailweek.com