Prix Michelin 2020 de la sommellerie : Éric Beaumard (Four Seasons Hôtel George V, Paris)

Considéré comme l’un des meilleurs dans sa discipline, Éric Beaumard est un sommelier peu enclin à la lumière médiatique, privilégiant son travail à l’Hôtel Four Seasons George V, Paris où il officie depuis 20 ans. Autodidacte, ce breton de 56 ans, plusieurs fois vainqueur de concours en sommellerie, est aussi un pédagogue.


« Éric Beaumard garde une ouverture et une fraicheur d’esprit » – Gwendal Poullennec, directeur international des guides Michelin

Son parcours : « Originaire de Fougères (35), Éric Beaumard dé­bute sa passion de cuisinier comme com­mis. Un accident de moto ralentit son début de carrière en le privant provisoirement de l’usage de son bras droit. Après plusieurs mois de convales­cence, il retrouve le chemin des cuisines aux Maisons de Bricourt à Cancale (35). Il y exerce son métier de cuisinier durant six mois, puis à l’initiative et sur les conseils d’Olivier Roellinger, il s’oriente vers le vin et le métier de sommelier. Une nouvelle passion naît, un nou­veau talent aussi. Il officie en tant que sommelier près de 14 ans à La Poularde à Montrond-les-Bains (42), où ce pédagogue forme successivement des jeunes en devenir, avant de rejoindre la Capitale. Doté d’une motivation hors du commun, il ne cesse d’étudier l’art du vin pour assouvir sa soif de connaissances, et se présente à des concours de sommellerie : Meilleur Sommelier de France, puis d’Europe, et enfin Vice-champion du Monde. Comptant parmi les meilleurs dans sa discipline, Éric Beaumard est l’iconique chef sommelier du restaurant Le Cinq depuis 20 ans, dont il dirige aujourd’hui la salle aux côtés de son fidèle adjoint, Thierry Hamon. Il a reconstitué la cave, qui ne comptait auparavant qu’une trentaine de références, de par son lien étroit avec les vignerons, pour compter une cave riche de plus de 50 000 flacons ! »

Ses dates marquantes :

  • 1987 : Meilleur Jeune Sommelier de France ( Ce titre lui vaut d’intégrer le restaurant double­ment étoilé La Poularde, à Montrond les Bains dans la Loire)
  • 1992 : Meilleur Sommelier de France
  • 1994 : Meilleur Sommelier d’Europe au Tro­phée Ruinart
  • 1998 : Vice-champion du monde au Concours du Meilleur Sommelier du Monde
  • 2003 : Élu « Sommelier de l’Année » par la revue Le Chef
  • 2018 : Recoit la Légion d’Honneur des mains de Mr François Pinault

Le mot de Gwendal Poullennec : « Ça fait partie de ces fausses évidences. On ne s’est pas dit qu’on allait choisir Éric Beaumard car c’est une icône du secteur. Mais parce que c’est quelqu’un qui impressionne. Malgré le fait qu’il soit dans un palace depuis 20 ans, il attache une vraie importance au facteur humain (son équipe, ses clients, ses vignerons). Il arrive à capter l’envie plus que le besoin. Ce qui nous a vraiment intéressé : Éric Beaumard garde une ouverture et une fraicheur d’esprit, notamment dans son sourcing. Bien que le contexte du George V, il n’a pas fait le choix d’avoir une carte des vins essentiellement réalisée avec de grandes étiquettes. Il est toujours à la recherche de nouveaux vignerons, respecte la nature. La beauté du métier de sommelier, c’est d’être capable de retourner à la source, de rester en éveil, curieux et de faire des découvertes. C’est qu’un qui a une passion transmissible. C’est aussi un formateur, un pédagogue hors pair. Là où l’année dernière on avait un jeune peu connu l’an dernier, Albert Malongo Ngimbi, à l’inverse, Éric Beaumard a une longue carrière dans le domaine avec un attachement provincial qu’il a probablement gardé – en restant simple. Dans ces métiers-là, il y a une perpétuelle remise en cause. C’est là où son profil est intéressant, même en étant au sommet d’une carrière, il y a toujours quelque chose à apprendre ou à faire ; c’est cette permanente remise en cause, qui est l’essence même de l’expérience que vous allez faire vivre ! Éric Beaumard a cette volonté de prendre certains risques pour accompagner des tendances, à valoriser les « petits » et leur donner une chance. Le domaine du vin évolue aussi vite que la gastronomie. Et il faut mettre les deux en résonance. Éric Beaumard a cette capacité. »    


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