Restaurants : comment mieux s’armer pour faire face à l’impact économique du virus

Pierre Dutaret, ancien banquier et restaurateur, désormais CEO et co-fondateur de la startup de gestion de factures Libeo, nous livre ses conseils pour faire face à la crise en cours et piloter au mieux sa trésorerie en ces temps de turbulences.


La fermeture des écoles et l’incitation au confinement du président Emmanuel Macron annoncé sont de nouveaux coups durs pour notre économie. Le gouvernement l’a déjà anticipé en proposant des mesures :

  • Aides sur les dettes financières : retards sans pénalité, rééchelonnement des crédits bancaires, garantie de la BPI à hauteur de 70% des prêts
  • Aides au maintien de l’emploi : chômage partiel renforcé
  • Aides administratives : charges sociales reportées ou annulées

Particulièrement impactés, les industries de l’hôtellerie et de la restauration en subissent déjà les effets : baisse des réservations en restaurants, annulation d’événements, festivals, baisse du nombre de touristes, des consommateurs qui restent chez eux …D’après le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, on doit s’attendre à une baisse du chiffre d’affaires allant de 30 à 40% pour l’hôtellerie et de 25% pour les restaurateurs. Dans ce contexte les entreprises ont plus que jamais besoin de prendre leurs finances en main et de gérer leur comptabilité au plus près. Les TPE et PME les mieux armées pour faire face à l’impact économique du virus et de la baisse des marchés financiers sont celles qui maîtrisent leurs trésorerie.

1 – Faire un état des lieux de vos dépenses en cours : nous conseillons aux commerçants d’avoir une vision claire des dépenses engagées les semaines passées. Pour cela il est nécessaire de centraliser toutes ses factures et vérifier qu’aucune n’est passée à la trappe. Regarder l’impact des futurs décaissements sur votre trésorerie. Anticiper autant que possible.

2 – Priorisez vos règlements et échangez avec vos fournisseurs : en cas de coup dur, appelez vos fournisseurs pour comprendre s’ils ont de la flexibilité sur les règlements à percevoir. Priorisez les artisans et les fournisseurs déjà fragilisés par les grèves et événements précédents : ils ont besoin de vous.

3 – Adapter ses commandes : se concentrer sur les “best of”

Les restaurateurs ont des commandes récurrentes qui sont livrées chaque jour / semaine et basées sur l’activité habituelle du restaurant. Pour ne pas se retrouver avec trop de marchandises et pas assez de rentrées d’argent du fait de la baisse de la fréquentation, il faut tout de suite changer ses bons de commandes et adapter son menu : moins de plats, mais des recettes éprouvées.

4 – Contacter votre banquier pour négocier vos échéances : le gouvernement a prévu de soutenir les TPE et PME, profitez-en. C’est le moment de contacter votre banquier pour rééchelonner les échéances de votre crédit bancaire en cours, négocier des retards sans pénalités, etc… Tout ce qui peut vous donner de la marge de manoeuvre doit être mis en place.

5 – Optimiser les dépenses liées à vos employés : dans toutes les industries de service, la main d’oeuvre est un gros poste de dépenses. Réduisez votre nombre de salariés temporairement, en adéquation avec la fréquentation prévue les prochaines semaines. Tirez parti de la mesure Chômage partiel pour ne pas pénaliser vos employés et pensez à demander la suspension du paiements des charges sociales.

6 – Profitez de la période pour préparer la reprise de l’été : certains établissements ayant un peu de trésorerie devant eux ont décidé de profiter de cette période de faible fréquentation pour effectuer quelques travaux de rénovation dans leur établissements. Profitez du creux de la vague pour mettre un petit coup de propre à votre hôtel ou restaurant et être prêt à redémarrer dès que la reprise s’annonce.