Salon mondial de référence des vins et alcools biologiques, Millésime Bio tenait sa 32ᵉ édition à Montpellier du 27 au 29 janvier 2025. Trois jours d’échanges, de dégustations et de réflexions collectives qui ont confirmé un constat partagé : en restauration, le vin bio reste un levier clé pour valoriser le bio auprès des clients.
Article publié le 31 janvier 2025 -> Édition Millésime Bio 2026, du 26 au 28 janvier à Montpellier
Avec 1 500 exposants, dont 18 % de nouveaux participants, représentant 16 pays, Millésime Bio 2025 s’impose une nouvelle fois comme le plus grand salon professionnel dédié aux vins et alcools biologiques. Tous les vignobles français étaient représentés, confirmant la place centrale de la France dans le paysage viticole bio mondial. Au-delà de la dégustation, le salon se distingue par la richesse de son contenu éditorial : conférences, ateliers et tables rondes viennent nourrir la réflexion des professionnels sur les enjeux économiques, environnementaux et sociétaux du secteur. Parmi les temps forts, la table ronde « CHR, comment valoriser le bio auprès de vos clients ? », animée par Laurence Foret Hohn (Agence Bio), a mis en lumière le rôle stratégique de la restauration dans la diffusion du bio. Invité à témoigner, le restaurateur du Tôt ou Tard, restaurant et bar à vin à Montpellier, rappelle que la demande des clients se fait d’abord sur le vin, avant la question du label.
« Au restaurant, la demande se fait sur un vin plus que sur le fait qu’il soit bio ou non. Travailler en local et de saison est déjà une base. Le bio, en revanche, est un axe de communication fort pour nous. »
Selon lui, la valorisation du bio passe avant tout par la carte des vins et par la formation du personnel, en salle comme en cuisine.
« Le bio met en valeur le restaurant, et le restaurant met en valeur le bio. On diffuse une image d’établissement attentif à la planète. C’est aussi un véritable différenciateur face à d’autres restaurants. »
Clarifier les messages pour mieux convaincre
Un autre enjeu majeur évoqué lors des échanges concerne la lisibilité pour le consommateur. « On nous pose beaucoup de questions sur le bio, la biodynamie, les vins naturels, les labels ou leur absence. Ce n’est pas toujours clair pour les clients, et cela mériterait plus de pédagogie », souligne le restaurateur.
Former les équipes devient alors indispensable, car le restaurant est aussi un lieu d’information et de transmission. « On ne vient pas seulement au restaurant pour se nourrir, mais aussi pour comprendre ce que l’on consomme. » Pour Laurence Foret Hohn, la perception du bio est sans équivoque : « Le bio n’est pas un label de qualité, mais un mode de production. Pourtant, pour le client, le bio est clairement perçu comme un gage de qualité. »
- 🍇 Chiffres clés :
- 170 806 hectares de vignoble bio en France
- Près de 25 % du vignoble français est certifié bio
- La consommation hors domicile représente 14 % du chiffre d’affaires du vin bio
- 23 % des actes d’achat de vin bio se font en restauration
- Source : étude Circana pour SudVinBio – 2024
Le salon a aussi mis en avant la montée en compétence des professionnels à travers ses masterclasses, comme celle consacrée aux accords mets et bières, animée par Jean-Olivier Rieusset, consultant et responsable filière au SNBI. Autant d’initiatives qui soulignent l’importance de la pédagogie pour accompagner l’évolution des pratiques. À Millésime Bio 2025, une conviction s’impose : le restaurant est un terrain privilégié pour démocratiser le bio, à condition de savoir le raconter. Dans ce contexte, la carte des vins apparaît comme un formidable outil de sensibilisation, capable d’ouvrir la voie à une démarche plus globale et plus engagée au menu.

