Salon mondial de référence des vins et alcools biologiques, Millésime Bio tenait sa 32ᵉ édition à Montpellier du 27 au 29 janvier 2025. Trois jours d’échanges, de dégustations et de réflexions collectives qui ont confirmé un constat partagé : en restauration, le vin bio reste un levier clé pour valoriser le bio auprès des clients.
Avec 1 500 exposants, dont 18 % de nouveaux participants, représentant 16 pays, Millésime Bio 2025 s’impose une nouvelle fois comme le plus grand salon professionnel dédié aux vins et alcools biologiques. Tous les vignobles français étaient représentés, confirmant la place centrale de la France dans le paysage viticole bio mondial. Au-delà de la dégustation, le salon se distingue par la richesse de son contenu éditorial : conférences, ateliers et tables rondes viennent nourrir la réflexion des professionnels sur les enjeux économiques, environnementaux et sociétaux du secteur. Cette édition 2025 était également marquée par un partenariat inédit avec Biodyvin, qui réunissait 120 domaines sur un espace dédié, tandis que l’œnothèque faisait la part belle aux cépages résistants. Autant d’initiatives qui illustrent les évolutions d’une filière en pleine mutation.
« Le consommateur a besoin qu’on lui raconte le bio »
Pour Nicolas Richarme, président de SudVinBio, le développement du vin bio passe désormais autant par les restaurants que par les domaines viticoles. « Le CHR joue un rôle majeur. Le consommateur a besoin d’explications. Au restaurant, on peut raconter le vin, expliquer le label bio, le travail du vigneron et ce qui fait réellement la différence« , dit-il. Selon lui, la restauration représente aujourd’hui 12 % du marché du vin bio, un canal devenu stratégique pour la filière. « Le vin bio est la seule certification qui garantit un véritable cahier des charges environnemental, avec des contrôles et une certification. Il ne s’agit pas simplement d’un argument marketing. » Le président rappelle également que le bio est désormais accessible à toutes les clientèles. « Contrairement aux idées reçues, un vin bio n’est pas forcément plus cher qu’un vin conventionnel. On retrouve aujourd’hui des vins bio dans toutes les gammes de prix.«
🍇 À retenir : le vignoble bio français en chiffres
- 170 806 hectares certifiés bio
- Près de 25 % du vignoble français est certifié bio
- Environ 10 000 vignerons engagés
- Près de 70 000 hectares en Occitanie
- La consommation hors domicile représente 14 % du chiffre d’affaires du vin bio
- 23 % des actes d’achat de vin bio se font en restauration
Source : étude Circana pour SudVinBio – 2024
Le vin, premier contact avec le bio
La table ronde « CHR : comment valoriser le bio auprès de vos clients ? », animée par Laurence Foret Hohn (Agence Bio), a montré que le vin constitue souvent le premier produit biologique découvert au restaurant. Olivier Frerebeau, restaurateur montpelliérain du Tôt ou Tard, restaurant et bar à vins, constate que les habitudes de consommation évoluent. « Les clients demandent d’abord un bon vin. Ensuite vient la question du bio », explique t-il. Pour son établissement, le bio fait désormais partie intégrante de l’identité de la maison. « Le bio met en valeur le restaurant, et le restaurant met en valeur le bio. C’est aussi un véritable facteur de différenciation« , ajoute t-il. Mais cette montée en puissance s’accompagne d’un besoin croissant de pédagogie. « Les clients nous interrogent sur le bio, la biodynamie, les vins naturels… Les frontières restent parfois floues. Notre rôle est aussi d’expliquer. » Une analyse partagée par Laurence Foret Hohn. « Le bio est un mode de production avant d’être un signe de qualité. Pourtant, pour le consommateur, il est clairement perçu comme un gage de qualité », conclut-elle.


Les sommeliers en veille
Dans les allées, les échanges témoignaient d’un marché en recherche de nouveaux repères. Restaurateurs, sommeliers et acheteurs venaient autant découvrir des cuvées que comprendre les évolutions de la certification bio, des pratiques culturales ou des nouvelles attentes consommateurs. Parmi eux, Romain Henry, directeur de la restauration du Domaine de Verchant à Montpellier, en profite pour rechercher de nouveaux domaines en Loire, dans le Jura ou en Savoie. Avec une cave de près de 2 000 références et une équipe de cinq sommeliers, il voit dans Millésime Bio bien plus qu’un salon commercial. « On vient découvrir des producteurs, mais aussi prendre le pouls du marché et s’inspirer des conférences« , détaille t-il. À quelques mètres de là, les sommelières alsaciennes Caroline Furstoss et Cindy Schirr enchaînent les dégustations. Pour Cindy Schirr, actuellement engagée dans la préparation du concours de Meilleur Ouvrier de France Sommellerie, le rendez-vous est devenu incontournable. « C’est l’occasion de déguster énormément de profils de vins différents et de continuer à travailler en vue du concours.«


La bière bio gagne ses lettres de noblesse
Si le vin reste la locomotive du salon, les autres boissons biologiques prennent de plus en plus de place. La masterclass « Accords mets et bières », animée par Jean-Olivier Rieusset, consultant et responsable filière au SNBI, a démontré que la bière artisanale trouve désormais sa place jusque dans les restaurants gastronomiques. À travers une dégustation de bières blanches, ambrées ou IPA, le consultant a rappelé toute la diversité aromatique de cette boisson. « Il n’y a aucune raison que la bière ne soit pas sur une table gastronomique. Les restaurants étoilés proposent déjà des accords mets et bières. » Il observe également une évolution des nouvelles générations de professionnels. « Depuis une dizaine d’années, les jeunes sommeliers connaissent les bières artisanales. Elles sont désormais considérées comme une véritable boisson de dégustation.«








