À l’heure où la génération Z (18-29 ans) se détourne du vin, la filière cherche des clés pour rétablir le dialogue. Un workshop organisé par Vinventions au Château de Luc (11) a rassemblé chercheurs, vignerons, influenceurs et professionnels pour penser une reconquête culturelle. Décryptage.
Le vin fait partie de l’histoire française, de sa table et de son art de vivre. Pourtant, chez les jeunes adultes, il ne fait plus vraiment recette. En témoignent les chiffres partagés par Thierry Lorey, professeur à KEDGE Wine School et auteur du rapport « La génération Z et le vin » (2023) : si cette tranche d’âge représente 18 % de la population française, elle ne regroupe que 5 % des consommateurs de vin. Le constat est sans appel : dans l’imaginaire de ces jeunes, « ceux qui consomment du vin, ce sont les « vieux » ». Face à cette réalité, le groupe Vinventions – spécialiste des solutions de bouchage écoresponsables pour le vin, les spiritueux et les huiles – a organisé le 12 juin dernier un workshop au Château de Luc, propriété de la Famille Fabre. Objectif : penser collectivement l’avenir du vin auprès des nouvelles générations.
Une approche générationnelle du vin
Les habitudes de consommation des jeunes évoluent. Si le vin perd du terrain, ce n’est pas par désintérêt général pour les boissons, mais plutôt parce qu’il ne répond plus aux mêmes attentes. La génération Z est en quête de plaisir, de modération, de sens et d’authenticité. Elle se montre plus sensible aux enjeux de santé, d’écologie et d’égalité. « Le vin reste trop souvent associé à une culture élitiste, ritualisée, inaccessible », a souligné Thierry Lorey lors de sa conférence d’ouverture. Il insiste sur la nécessité d’impliquer les femmes, souvent plus enclines que les hommes de leur génération à consommer du vin, et d’activer des leviers d’identification via des relais d’influence jeunes, sur les réseaux sociaux notamment.
À retenir
Pour séduire la génération Z, le vin doit changer de récit :
– moins parler des cépages, plus des personnes qui font le vin ;
– moins sacraliser la dégustation, plus la rendre conviviale ;
– sortir du carcan des codes traditionnels, sans perdre son identité.
Une filière en mouvement
Les deux tables rondes du workshop ont réuni une diversité de profils : producteurs (Lucas Przybyla – Albert Bichot, Geoffroy de La Besnardière – Domaine de l’Arjolle), communicants (Céleste Renault – AOP Picpoul de Pinet), entrepreneurs (Mathilde Boulachin – Chavin, Carl Coignard – Innowine). Tous ont partagé des initiatives visant à adapter l’offre, les formats et la communication : vins désalcoolisés, packaging innovant, storytelling incarné, ou encore événements décontractés. Une idée centrale a émergé : incarner le vin. Par celui ou celle qui le fait, par son territoire, par ses valeurs. Et créer une expérience de dégustation accessible, où l’on parle plus d’émotion que de technicité.


2 commentaires
Bonjour, pas d’accord avec cette analyse du désamour. Au contraire je prône, humblement, la connaissance des vins de monocépages, de toutes régions, de trouver le type de vin qui plaît. Connaître des hommes ou des étiquettes ça aide mais la question n’est pas là.
Bonjour, merci pour votre témoignage.