Un oeil en salle
  • Le Magazine
  • Le Challenge
  • Oeil d’expert
    • Interviews
    • Initiatives/Tendances
    • Techniques de salle
    • Vidéos
    • Tribune libre
    • Concours
    • Formations
  • Emploi
  • Agenda
  • Guide fournisseurs
  • Nouveautés produits
  • Ressources
0
Recevoir la newsletter S'abonner au magazine Se connecter
Un oeil en salle
  • Le Magazine
  • Le Challenge
  • Oeil d’expert
    • Interviews
    • Initiatives/Tendances
    • Techniques de salle
    • Vidéos
    • Tribune libre
    • Concours
    • Formations
  • Emploi
  • Agenda
  • Guide fournisseurs
  • Nouveautés produits
  • Ressources
Interviews

Pierre Siue (Groupe Daniel Boulud, New-York) : « Je n’étais pas un élève modèle, mais la passion m’habitait »

Par Hélène BINET 19 avril 2019
FacebookTwitterPinterestLinkedinEmailPrint

Costume 3 pièces impeccable et mèche sur le côté, Pierre Siue a le look parfait du « petit frenchie » vivant à New-York. Depuis 17 ans, ce parisien de 41 ans a franchi l’Atlantique avec détermination pour exercer auprès du chef Daniel Boulud. Arrivé commis de salle, il est aujourd’hui directeur des opérations du groupe The Dinex-Daniel Boulud. Un joli parcours pour celui qui n’appréciait que très peu l’école. 

Interview parue dans le magazine Un oeil en salle #6


Un oeil en salle : Comment êtes-vous arrivé dans le métier ? 

Pierre Siue : Ma grand-mère, très bonne cuisinière, avait un restaurant vietnamien à Paris, c’est là que j’ai commencé à découvrir le métier. Puis, j’ai continué avec mon oncle qui lui aussi était dans la partie. Depuis l’âge de 12 ans, j’ai toujours aidé le soir ou le week-end. Mais je ne voulais pas faire cette profession, j’avais envie d’être ambassadeur pour voyager ! C’est pour ça que je suis allé en seconde générale. Mais ce fut une mauvaise année d’adaptation ; j’ai donc intégré un BEP/CAP restaurant au lycée Escoffier d’Eragny-sur-Oise (95). Poussé par l’entourage, je me suis inscrit par la suite en baccalauréat professionnel à l’EPMT (XVIIe), que j’ai quitté deux mois avant de passer l’examen.

Vous n’aimiez pas l’école ?

PS : Ce n’est pas parce que je n’étais pas bon à l’école. J’étais un peu indiscipliné. J’ai arrêté les études deux mois avant le bac – alors en apprentissage pour l’hôtel Adagio devenu Novotel. Et ce changement me plaisait peu, ça me permettait de « toucher » à tous les départements d’un hôtel-restaurant. Car mon objectif : à 30 ans, être directeur food and beverage ! Je suis donc allé dire au revoir à mes professeurs et les remercier. J’aimais tellement le métier que je séchais les cours pour aller travailler. Je n’étais pas un élève modèle, mais la passion m’habitait. 

Et après ?

PS : Il était hors de question que j’arrête l’école et que je ne bosse pas. Pendant un an et demi, j’ai fait mes classes au restaurant de mon oncle. Je m’occupais de la salle. Puis, j’ai poursuivi avec des contrats en intérim – Hôtel Le Bristol, Ritz Paris, Pavillon Montsouris… Avec ma copine de l’époque, nous devions partir à New-York, mais je n’ai pas pu m’y rendre. Par un contact, j’ai pu effectuer mon service militaire en tant que maître d’hôtel au service du Premier ministre Lionel Jospin à Matignon. Ça m’a permis de voir le service à la française, de tisser un réseau et d’être majordome pour d’autres institutions. 

Pierre Siue et le chef Daniel Boulud à la soirée Michelin New-York en 2016. @Astrid Stawiarz/Getty Images

Votre envie de voyager est réapparu…

PS : J’ai toujours aimé ça. En 1995, j’étais venu visiter New-York, et en haut de l’Empire State Building, je dis à ma mère : « Je reviendrai ici ». Et je suis revenu en février 2001, après l’armée, pour un mois à la base. Je suis allé déposer mon curriculum vitae (CV) au Daniel, 4 étoiles New-York Times (Michelin est arrivé plus tard, NDLR)du chef Daniel Boulud – que j’avais vu à la télévision. J’étais avec mon costume C&A ; j’attendais la pause pour voir quelqu’un (rires). Et un maître d’hôtel m’a accueilli pendant sa coupure, durant 40 minutes. Dû à cette rencontre avec Bernard, je voulais travailler-là !

J’ai suivi mon objectif : être directeur à 30 ans ! Pierre Siue

Avez-vous décroché facilement votre poste au Daniel ?

PS : J’ai réussi à avoir le contact de l’assistante du chef qui s’occupait des visas. J’envoyais toutes les semaines mon CV. Un peu désespéré néanmoins car je n’avais pas de nouvelle… Ce n’est qu’en mai, de retour en France, que j’ai reçu son appel. On a fait l’entretien téléphonique en anglais – avec mon niveau moyen. Six semaines après, j’étais à New-York avec un visa de 18 mois.

Que s’est-il passé à votre arrivée ?

PS : J’ai été convié à une soirée, les 30 ans du chef Philippe Keller. À cette occasion, je voyais pour la première fois Daniel Boulud qui m’a pris dans ses bras en saluant le « petit frenchie ». J’ai commencé le 18 juin 2001 en tant que food runner (commis de salle, NDLR). Six mois après, je suis passé assistant capitaine (demi-chef de rang, NDLR), celui qui accueille le client, fait marcher les tables ; avant d’être un an plus tard, alors en 2003, chef de rang. Je commençais mon deuxième visa, et j’étais en déplacement à Chicago avec le chef – qui me suggère d’acheter mon premier ordinateur. Ce que je fais.

La salle du Daniel, deux étoiles Michelin, en plein coeur de Manhattan.

Vous a-t-il confié des responsabilités ?

PS : Le chef a toujours été bon pour planter une petite graine dans l’espritde chaque personne. Il m’a proposé de taper des menus en anglais, et de les commercialiser au téléphone. Puis, j’ai eu d’autres projets où je venais 2 à 3 heures avant mon shift pour apprendre à manager et à faire de l’administratif. Soit tout ce que je n’avais pas appris… à l’école. Un an après, j’étais assistant manager pour 2 ans et demi. Et le 2 novembre 2007, le lendemain de mes 30 ans, je suis passé directeur général.

Être manager était l’un de vos objectifs ?

PS : J’ai toujours eu ça en tête. Être directeur général me permet d’avoir des responsabilités et de gérer l’organisation des équipes. Entre temps, je prends également en charge les opérations de la Maison Boulud à Montréal (Canada) pour mettre en place les standards de Daniel et les adapter au Ritz-Carlton. Ça a duré 11 ans. Depuis 2018, je suis directeur des opérations du groupe The Dinex du chef, qui gère 19 établissements de New-York, à Washington, Toronto, Montréal, Miami, Boston, Londres, Singapore.

Cela fait plus de 17 ans que vous travaillez avec Daniel Boulud…  

PS : Au départ, j’étais parti pour l’anglais ; Daniel Boulud a trouvé un moyen de me garder et de me proposer de nouveaux challenges. Et puis, tu ne veux pas « casser » ton visa. J’ai vu le restaurant Daniel évoluer avec des nouveaux systèmes mis en place, un service plus homogène, et l’instauration d’entrainements pour le personnel. Il y a 150 personnes, dont 50 en salle supervisées dorénavant par Karim Guedouar, directeur général, et Kévin Prouve, assistant.

Photo des équipes.

Vos fonctions impliquent d’avoir un regard à 360° sur tous les métiers ?  

PS : Je ne me suis pas vraiment retiré de la salle. Comme ça fait longtemps que j’y suis, j’aime bien continuer à suivre des services. J’ai beaucoup d’administratif de 10h à 16h, puis j’assiste aux entrainements avant le dîner de 17h à 23h. Le chef veut que j’y sois. Je gère les arrières avec des directeurs de département, le budget, la maintenance, les plannings, etc.

Il faut sortir de sa zone de confort. Pierre Siue

Est-ce compliqué aujourd’hui d’obtenir son visa ?

PS : Oui ça l’est ! C’est moins évident avec l’immigration. Par exemple, au restaurant, j’ai le droit à 1 visa, d’une durée de 12 mois contre 18 à mon arrivée, pour 10 employés. C’est peu. À la fois, tu es responsable de ceux que tu fais entrer sur le territoire new-yorkais.

Combien de couverts faites-vous au Daniel ?

PS : Au deux étoiles, il y a une capacité de 110 places assises. Nous faisons 175 couverts, dont 150 dans la salle à manger et 25 dans le lounge, en deux services. Avant, nous pouvions aller jusqu’à 3 voire 4 services ! C’est typique à New-York de renouveler les tables, plus compliqué à comprendre en France. 

Pierre Siue au passe en cuisine.

Le salaire est-il plus élevé aux États-Unis ?

PS : Au pourcentage, je pense que c’est quasiment pareil qu’en France, la vie est beaucoup plus cher et avec moins de couverture sociale que ce soit la santé, ou l’éducation, etc. L’État te prend 35 à 40% de taxes. Tu dois payer ton assurance maladie, ton loyer, et faire ton plan retraite pour plus tard. Nous sommes payés à la semaine (9 dollars de l’heure à minima). Et tu as les pourboires en plus, dispatchés en nombre de points : 6 pour un capitaine, 5 pour un assistant capitaine, etc. Sachant que les clients laissent entre 15 à 20% de l’addition en pourboires. Il y a plusieurs « lois ». Pour toucher ces pourboires, tu travailler 80% de ton temps aux tables. Donc les cuisiniers ne peuvent pas en avoir. C’est pour ça que certains instaurent le service compris afin de redistribuer l’argent à tous.

Peut-on faire « sa » place en tant que français à New-York ?

PS : Comparativement à la France, je pense qu’il est plus facile d’être promu rapidement, ici, à New-York. En 4 ans, je suis passé de commis à assistant directeur ; ce que je n’aurai peut-être pas pu faire dans l’hexagone.

Avez-vous un conseil pour un expatrié ?

PS : Il faut venir avec une belle ouverture d’esprit. Je conseille de vivre au moins un an dans un pays étranger pour apprendre sur soi, et sortir de sa zone de confort. 


Sa bio, en dates :

  • Novembre 1977 : Naissance à Paris (XIe)
  • 1994-1995 : BEP/CAP restaurant au lycée Escoffier d’Éragny-sur-Oise (95)
  • 1995-1996 : Baccalauréat professionnel à l’EPMT à Paris (XVIIe)
  • 1997 : serveur au bistrot Royal Laffitte à Paris (IXe)
  • 1998 : serveur en intérim pour différents établissements à Paris
  • 1999-2001 : maître d’hôtel au service du Premier ministre à Matignon / Service militaire
  • 2001-2002 : runner, puis assistant capitaine au Daniel à New-York
  • 2003-2005 : chef de rang au Daniel
  • 2005-2007 : assistant manager au Daniel
  • 2007-2018 : directeur général au Daniel
  • Depuis 2018 : directeur des opérations à The Dinex Group

Sur le même sujet :

Salaires et pourboires : les différences entre la France et les États-Unis


Infos pratiques :

Dinex Group/Daniel Boulud, 16 East 40th Street, New-York 

Daniel** 60 East 65th Street, New York – www.danielboulud.com


 

Daniel BouludNew-YorkPierre sIUE
Hélène BINET
Hélène BINET

Journaliste culinaire et fondatrice du média Un Œil en Salle, référence française dédiée aux métiers du service : salle, sommellerie et bar.

Recevoir la newsletter

Pour ne pas perdre une miette de l'actualité et des tendances des métiers de la salle !

(*) Champs obligatoires
En vous inscrivant à notre newsletter, vous confirmez avoir pris connaissance de notre politique de confidentialité. Vous pourrez vous désincrire à tout moment à l'aide des liens de désinscription

A lire sur le même thème

Hyacinthe Lescoët (The Cambridge Public House, Little Red...

17 juillet 2026

50 ans à l’Auberge de l’Ill : Serge...

13 juillet 2026

Alain Pichon-Martin tire sa révérence après 40 ans...

3 juillet 2026

Jérôme Tourbier (Groupe Les Sources) : « L’hospitalité reste...

19 juin 2026

Pascal Vetaux (L’Ambroisie, Paris) : « Le vrai service,...

24 avril 2026

Guide Michelin 2026 : quatre professionnels récompensés pour...

17 mars 2026

Vieille canaille de salle : 40 ans /...

11 mars 2026

VIDÉO — Le témoignage d’Éric Beaumard, 25 ans...

30 décembre 2025

Vieille canaille de salle : 35 ans /...

28 novembre 2025

Omar Abodib (Groupe Les Cèdres Hospitality) : « Notre...

26 septembre 2025

Laisser un commentaire Cancel Reply

Enregistrer mon nom, email et site internet pour mes prochains commentaires.

En direct

  • Mercato 2026 : les changements en salle et en sommellerie

    3 août 2026
  • Hyacinthe Lescoët (The Cambridge Public House, Little Red Door) : « L’accueil reste notre plus grande valeur ajoutée »

    17 juillet 2026
  • Les 12 demi-finalistes du Trophée du Maître d’Hôtel 2026 sont connus

    17 juillet 2026
  • Le CDRE France dévoile sa nouvelle identité visuelle

    16 juillet 2026
  • 50 ans à l’Auberge de l’Ill : Serge Dubs fait ses adieux

    13 juillet 2026
  • Concours général des métiers « CSR » 2026 : le palmarès officiel

    10 juillet 2026
  • Les grappes Michelin : une première sélection consacrée à la Bourgogne

    7 juillet 2026
  • Alain Pichon-Martin tire sa révérence après 40 ans chez Georges Blanc

    3 juillet 2026

Offres d’emploi

  • Directeur de salle – Chef sommelier (H/F) – Canton de Vaud en Suisse

    • St Prex (VD), Suisse
    • Groupe COGELYA SA
    • CDI
  • Assistant maître d’hôtel (H/F) – Restaurant Julien Binz* à Ammerschwihr

    • Ammerschwihr
    • Restaurant Julien Binz
    • CDI
  • Agent spécialisé en hôtellerie-restauration (H/F) – Emulsion Paris

    • Paris
    • Emulsion Paris
    • CDI
  • Directeur de restaurant et responsable de salle (H/F) – La Belle Étincelle à Paris

    • Paris
    • La Belle Étincelle
    • CDI

Les nouveautés produits

  • Le menu Speak You pour l’accueil des déficients visuels au restaurant
    Par La carte Speak You
  • « La restauration et l’hôtellerie de référence », un ouvrage signé par un MOF aux éditions BPI Campus
    Par BPI Campus
  • Bridor et la Maison Lenôtre dévoilent leur collection de mini-tartelettes feuilletées
    Par Bridor
  • Nicolas Feuillatte dévoile sa nouvelle cuvée Réserve Exclusive Premier Cru Extra-Brut
    Par Nicolas Feuillatte
  • La Maison Bragard dévoile ses catalogues 2023 à la Fondation Paul Bocuse
    Par Bragard
Plus de produits

Dernières parutions

  • Un oeil en salle N°16 Un oeil en salle N°16 10,00€
  • Un oeil en salle N°15 Un oeil en salle N°15 10,00€
  • Un oeil en salle N°14 Un oeil en salle N°14 10,00€
  • Un oeil en salle N°13 Un oeil en salle N°13 10,00€

Contacter la rédaction

Un Oeil en Salle est édité par :
UOES Media
52 rue de Fécamp
75012 Paris
Tél : 06 75 58 50 35
contact@unoeilensalle.fr

Commentaires récents

  • Coupe Georges Baptiste 2027 : les nouveaux sujets dévoilés – Ô Service dans Coupe Georges Baptiste 2027 : les nouveaux sujets dévoilés
  • Lydia Frentzel dans MOF maître d’hôtel 2026 : les sept finalistes révélés
  • Hélène BINET dans Christian Ferret, 40 ans de carrière dans l’enseignement en restaurant

Un oeil en salle en vidéos

Prix Michelin de la sommellerie 2026 : Anne...

18 Mar 2026

Prix Michelin de la sommellerie 2026 : Edmond...

18 Mar 2026

Prix Michelin du service 2026 : Camille Gouyer...

18 Mar 2026

Prix Michelin du service 2026 : Marco Tognon...

18 Mar 2026

Prix Michelin du service 2026 : Camille Gouyer...

18 Mar 2026

VIDÉO — Le témoignage d’Éric Beaumard, 25 ans...

30 Déc 2025

Vidéo officielle de la 3ème édition du Challenge...

19 Nov 2025

Table ronde : inclusion et diversité au cœur...

2 Juil 2025

L’agenda

  • Finale du 4ème Challenge + 2ème Défi bar Un oeil en salle
    Du 02/03/2026 au 02/03/2026
    Paris
  • Degré Zéro | Marseille 2026
    Le 20/04/2026
    1 place Auguste et François Carli, 13006 Marseille
  • Whisky Live | Paris 2026
    Du 26/09/2026 au 28/09/2026
    Porte de la Villette, Paris
  • Assemblée générale Ô Service
    Le 05/10/2026
    Le Pré Catelan - Lenôtre à Paris
  • Sirha | Lyon 2027
    Du 21/01/2027 au 25/01/2027
    Eurexpo Lyon
En savoir plus

La newsletter

(*) Champs obligatoires
En vous inscrivant à notre newsletter, vous confirmez avoir pris connaissance de notre politique de confidentialité. Vous pourrez vous désincrire à tout moment à l'aide des liens de désinscription

S’abonner au magazine

Pour 3 numéros par an :
France : 30€ / International : 50€
Je m’abonne

Suivez-nous sur Instagram

Footer Logo

Un oeil en salle © 2021 - Un site édité par UOES Media, 52 rue de Fécamp, 75012 Paris – contact@unoeilensalle.fr
Mentions légales - Protections des données personnelles


Haut de page