Meilleur sommelier de France en 1968 et figure fondatrice des grandes compétitions internationales, Armand Melkonian disparaît, laissant l’image d’un homme de transmission et d’excellence, artisan discret du rayonnement mondial de la sommellerie.
Avec une profonde tristesse, nous apprenons la disparition d’Armand Melkonian, survenue dans sa 88e année. Figure majeure de la sommellerie française et internationale, il laisse derrière lui l’empreinte d’un parcours exemplaire, dédié à l’excellence, à la transmission et à la reconnaissance d’un métier qu’il a contribué à hisser au plus haut niveau. Dans un hommage publié sur les réseaux sociaux, Philippe Faure-Brac — Meilleur sommelier du monde 1992 et président de l’Union de la sommellerie française de 2016 à 2023 — a salué « l’un des grands artisans de la reconnaissance mondiale de notre métier », rappelant également son rôle pionnier dans les grandes compétitions internationales.
Armand Melkonian fut en effet l’un des premiers visages de cette reconnaissance naissante. Né de parents d’origine arménienne et profondément attaché à la France dont il portait les couleurs avec fierté, il s’impose très tôt comme un talent. Son ascension est rapide : dès 1968, il décroche le titre de Meilleur sommelier de France, une distinction fondatrice qui annonce son rayonnement à l’échelle internationale. L’année suivante, en 1969 à Bruxelles, il remporte à seulement 31 ans une compétition organisée sous l’égide de l’Association de la sommellerie internationale, alors nouvellement créée. Si le titre officiel de Meilleur sommelier du monde ne sera institué qu’en 1983 — avec la victoire de Jean-Luc Pouteau — ces premières épreuves constituent les bases d’un concours appelé à devenir la référence mondiale. Avec le temps, ces pionniers, dont Armand Melkonian, ont été pleinement intégrés à cette histoire.
Son parcours professionnel débute en 1962 comme second barman au Château de la Chèvre d’Or, à Èze-Village. Il poursuit ensuite comme sommelier à l’Hôtel Versailles, à Villefranche-sur-Mer, avant de s’inscrire durablement à l’Hôtel La Voile d’Or, à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Il y officiera plus de trente ans en tant que chef sommelier, incarnant une fidélité rare et un engagement constant au service de son art. Parallèlement à sa carrière en établissement, il s’engage dans la transmission du savoir. Profitant des périodes de basse saison, il dispense des formations à destination des professionnels. Dans les années 1990, il innove également en introduisant la présence de sommeliers en grande distribution dans les Alpes-Maritimes, notamment lors des foires aux vins et des fêtes de fin d’année — une initiative alors inédite, aujourd’hui répandue.
Un œil en salle adresse ses plus sincères condoléances à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à l’ensemble de la grande famille des sommeliers.




