Après une première sélection consacrée à la Bourgogne en juillet, le Guide Michelin a dévoilé lundi 7 septembre, depuis la Cité du Vin à Bordeaux, ses premières grappes Michelin consacrées au vignoble bordelais. Neuf châteaux décrochent la distinction suprême de trois grappes, tandis que 16 en obtiennent deux et 37 une.
Le Guide Michelin poursuit son exploration des grands territoires viticoles français. Après la Bourgogne en juillet, c’est au tour de Bordeaux d’entrer dans le palmarès des grappes Michelin. La cérémonie s’est tenue lundi 7 septembre à la Cité du Vin, en présence de Gwendal Poullennec, directeur international des guides Michelin. À ses côtés, Paz Levinson, cheffe sommelière du groupe Pic, était notamment présente pour poser les questions aux domaines récompensés et apporter sa « caution » de professionnelle, comme ce fut le cas avec Xavier Thuizat à Dijon.
Pour cette première édition bordelaise, le Guide Michelin distingue 83 domaines : 9 reçoivent trois grappes, 16 deux grappes, 37 une grappe, auxquels s’ajoutent 21 châteaux recommandés dans la sélection. « Un territoire fidèle à son histoire, des domaines qui se sont gorgés avec les générations. Mais pas figés. Certains travaillent la biodynamie, [avec] de véritables révolutions technologiques dont certaines ont inspiré le monde », a résumé Gwendal Poullennec lors de la présentation. La sélection bordelaise a vocation à s’enrichir au fil des années, au gré du travail des inspecteurs sur le terrain, sans pour autant qu’un calendrier précis soit annoncé. L’ambition affichée par le Guide est de poursuivre cette couverture progressive des grands territoires viticoles français. Pour l’heure, Gwendal Poullennec n’a fait aucune annonce concernant le prochain terroir qui sera valorisé.
Neuf châteaux au sommet
La distinction des trois grappes, plus haute récompense des Grappes Michelin, revient cette année à neuf domaines, répartis entre les principales appellations bordelaises :
- Château Montrose, à Saint-Estèphe
- Château Lafite-Rothschild, à Pauillac
- Château Léoville-Las-Cases, à Saint-Julien
- Château Petrus, à Pomerol
- Château La Conseillante, à Pomerol
- Château Lafleur, à Pomerol
- Château Cheval Blanc, à Saint-Émilion
- Château Figeac, à Saint-Émilion
- Château d’Yquem, à Sauternes
Le palmarès dessine ainsi un Bordeaux assez classique dans ses grandes signatures, de la rive gauche à la rive droite, en passant par le Sauternais. Médoc, Pomerol, Saint-Émilion et Sauternes sont représentés au plus haut niveau.
16 domaines distingués de deux grappes
La deuxième marche du palmarès réunit 16 châteaux. Parmi eux figurent notamment Château Mouton Rothschild, Château Margaux, Château Palmer, Château Pichon Comtesse de Lalande, Château Pichon Baron, Château Pontet-Canet, Château Canon, Château Troplong Mondot, Château Ausone, Château Angélus, Vieux Château Certan, Château Haut-Brion, Château La Mission Haut-Brion, Château Les Carmes Haut-Brion, Château Beau-Séjour Bécot et Château de Fargues.
Cette deuxième catégorie fait apparaître une autre dimension du palmarès : celle de domaines historiques qui continuent à faire évoluer leurs pratiques. Biodynamie, travail des sols, nouvelles méthodes de vinification ou investissements dans les chais témoignent d’un vignoble qui cherche à conjuguer héritage et évolution. C’est notamment le cas de Château Pontet-Canet, pionnier de la biodynamie dans le Médoc, ou encore des Carmes Haut-Brion, dont l’approche de la vinification et l’architecture du chai ont marqué le paysage bordelais.
« Il faut encore plus avancer sur l’œnogastronomie »
Parmi les personnalités présentes lundi soir, Jean-Philippe Delmas, directeur technique de Château Haut-Brion, a reçu deux grappes pour le domaine de Pessac-Léognan. Il a également insisté sur le lien entre vin et restauration française : « En France, je pense que l’on doit encore plus avancer sur l’œnogastronomie ! Il faut que les restaurateurs français soient encore plus liés avec les vins français, et qu’on fasse cette promotion ensemble. » Une déclaration qui fait écho à la vocation même du Guide Michelin, historiquement consacré à la gastronomie et désormais engagé dans une lecture plus large de l’univers du vin. Enfin, 37 châteaux obtiennent une grappe Michelin, tandis que 21 domaines sont récompensés par le Guide (retrouvez ici l’intégralité de la sélection).
Après les clefs pour l’hôtellerie et les étoiles pour les restaurants, Michelin dispose désormais de la grappe pour distinguer les domaines viticoles. Une distinction qui s’appuie notamment sur l’expertise du Guide Parker, racheté par Michelin en 2019 et qui compte « quelque 50 000 notes« , a rappelé Gwendal Poullennec. Alors que les classements consacrés au vin sont déjà nombreux, le Guide entend ainsi mettre en avant un triptyque gastronomie-vin-hôtellerie, au cœur de son approche globale de l’art de vivre. Une ambition qui prend aussi une résonance particulière alors que plusieurs territoires viticoles français sont confrontés aux conséquences du changement climatique et, cet été encore, à de violents incendies. Donner de la visibilité aux domaines, c’est aussi mettre en lumière les territoires et les femmes et les hommes qui les font vivre. Un coup de projecteur qui a été salué par les propriétaires ou les directeurs des châteaux présents durant la soirée.


